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dimanche, 08 janvier 2006
Keep the faith
Pour faire suite à ma note précédente et à mon commentaire sur la deuxième partie du bilan de Laurent Javault sur les blogs, je répond en commentaire sur son site que c'est un beau bilan qu'il a fait, dans lequel le modeste bloggeur débutant que je suis trouve une grande aide.
"Arnaque à la démocratie", "superficialité", "stade primitif du citoyen electronique", il montre bien les limites de l'exercice du blogging, et l'illusion qui menace le bloggeur trop naïf. Le blog est faible.
Et déjà il identifie des dérives, la recherche de "territoire", le comportement "courtisan", et une aliénation qui pointe avec la "course à l'audience". Le blog est aliénant.
On pourrait en être déçu, ou trouver là matière à mépriser le phénomène. Mais celui qui jugerait ainsi me semblerait aussi superficiel que ce qu'il critique, et peut-être motivé aussi, dans sa critique même, par la défense d'un territoire (par exemple la presse comme noblesse face à la vile populace du blogging).
Là où le billet de Laurent ne tombe pas lui-même dans cette superficialité c'est qu'il cherche plus loin les raisons de ces faiblesses. La métaphore de la "bouteille à la mer" en est belle illustration des errances et déceptions qui attendent le bloggeur qui se lance. Il lui sera facile de se perdre dans cet océan. Mais la jeunesse du phénomène explique en partie cela. Le blog est une nouvelle vague de l'autopublication, stabilisée en une forme et une technologie particulière. Une nouvelle vague, elle-même mouvante, en quoi l'errance du bloggeur est aussi la recherche de formes plus élaborées, moins primitives, d'expression. Laurent ne manque pas de signaler aussi cette errance et cette recherche là.
Et alors l'optimisme revient dans son discours avec l'indication d'un horizon qui enfin puisse nous sortir de l'errance : atteindre l'autre rive. Quelle est cette autre rive. Est-ce la recherche de son identité ? Laurent en parle et çà l'est sûrement aussi. Mais c'est une affaire personnelle, même si c'est celle de chacun. C'est une affaire collective en revanche de vouloir toucher le monde, faire que la blogosphère ne tourne pas en rond. Là se trouve un rivage commun vers lequel les individualités cette fois converge. Ce pourquoi il leur est possible de s'organiser et de sortir du simple quant-à-soi. Il donne la clé de cette traversée de l'océan: "l’EMBOITEMENT de (des?) blogosphère(s) avec le monde concret".
Voilà un but et un espoir. Voilà aussi un principe, le réel, qui nous pousse et nous contraint à nous organiser. L'espoir pour les petites bouteilles perdues dans l'océan de converger dans un même flot, à la recherche de ces beaux rivages, promesses des récompenses de nos efforts.
Ainsi passe la gloire du monde...
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