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samedi, 28 janvier 2006

Le net ou l'anarcho-communisme réellement existant

Nous sommes de plus en plus à nous en apercevoir. L'avenir de l'Internet n'est en rien assuré. Pour la première fois de son histoire, il est même désormais directement menacé.

Alexis par exemple nous averti : "On ne prête pas assez attention à cela, au risque de casse de l'Internet, on oublie un peu vite que beaucoup de ces certitudes sur lesquelles les profonds changement sociaux et économiques de la Société de l'Information sont basés ne sont pas aussi solides qu'on le pense." Daniel Kaplan de son côté, nous explique en détail les risques de sa destruction.

Car le net fut longtemps ignoré des pouvoirs traditionnels, se développant de sa propre vie.

Mais le net est désormais sorti de sa sphère, et manifeste ses effets partout, sur la politique et l'économie. En développant des forces et des logiques nouvelles au sein de la vie sociale, il entre en concurrence directe avec les pouvoirs traditionnels de l'Etat et du marché.

Les réactions immunitaires de ces pouvoirs établis se mettent donc tout naturellement en place. Comme tout système, ils ne céderont pas leur puissance sans coup férir. Ils n'accepteront pas non plus de voir échapper leur emprise. La réaction se met donc en place. Leur objectif est de soumettre entièrement les forces nouvelles libérées par le net à leur propre logique. Chacun, avec ses principes propres, tente de soumettre le net à ses formes de contrôle. Surveillance, identification, filtrage pour les Etats, contrôle de toute l'infrastructure, des tuyaux comme des machines, pour le marché. Que rien ne puisse filtrer qui ne soit pas passé par leur censure ou leur péage. Qu'aucune vie sociale ne puisse se construire sans qu'ils ne l'autorisent. Dans tous les cas, leur victoire ne sera possible qu'en dépossédant les réseaux de leurs forces.

L'Etat comme le marché trouvent en eux-mêmes la justification suffisante au refus de l'autonomie du réseau. Sans résistance, les espaces de libertés conquis, les formidables forces de production libérées par le net, seront reconquis par ces pouvoirs désormais qu'ils s'y intéressent. L'âge d'or de l'internet, quand il se développait de sa propre vie sans trop de gêne, est bien fini. Produire et échanger librement, sans trop se soucier d'autres choses, ne suffira plus. Pour tout ceux que l'avenir du net importe, il faut désormais apprendre à s'organiser, développer des formes de conscience et d'action collective efficaces, sans quoi cette liberté même de produire et d'échanger ne sera pas défendue mais perdue. L'heure est donc sans doute venue, pour le réseau, de montrer qu'il est aussi capable de prendre conscience du combat politique qu'il ne pourra éviter de mener.

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Les raisons ne l'antagonisme sont profondes et il ne faut pas les sous-estimer si l'on veut prendre la mesure de la force des tensions durables qui s'annoncent entre ce nouveau pouvoir et ceux, traditionnels, de l'Etat et du marché.

Comme le résume Richard Barbrook et le collectif transversel d'une fort bonne expression dans L'économie du DON "High Tech", Le Net, est "l’anarcho-communisme réellement existant" :

"Beaucoup de gens sont convaincus, au contraire, que le capitalisme néolibéral américain correspond à la « fin de l’histoire » hégélienne. Et pourtant, c’est précisément en ce moment même qu’une forme d’anarcho-communisme réellement existante est en cours d’élaboration au sein du Net."

Joël de Rosnay et Carlo Revelli, en France, n'en sont pas très loin non plus quand il parle dans leur livre récemment paru de la révolte du pronétariat.

Bien-sûr, le terme d'anarcho-communisme ne conviendra sans doute pas à beaucoup. Et en effet le net n'a pas eu besoin de se revendiquer de ces héritages politiques pour se développer. La référence peut donc sembler inutile. L'intérêt est pourtant de désigner la réalité de fait d'un "anarcho-communisme" REELLEMENT EXISTANT, et qui heurte donc de front les logiques même de l'Etat et du marché, puisqu'il en constitue la négation même. Ces 3 sphères entrent donc désormais en rivalité et en guerre sans que l'on puisse dire encore où s'arrêtera le partage des frontières.

L'intérêt est donc de bien poser la question de l'utilité et de la justification de l'Etat et du marché parmi ces forces sociales nouvelles. Il ne s'agit donc pas de nier l'utilité de ces sphères, ou de poser l'anarcho-communisme radicalement comme objectif indiscutable et illimité. Il s'agit plutôt de reposer aujourd'hui la question de ces puissances, et de valider l'hypothèse, que le net a démontré chaque jour jusque là, que leur pouvoir n'y est peut-être pas nécessaire. Qu'il y est même nuisible. Que l'Etat et le marché doivent par conséquent être maintenus en ce domaine dans un rôle, non pas nul, mais pour le moins subordonné.

Mais globalement pour l'Etat et le marché, la question ne se pose pas, et ils ne sauraient admettre de ne pas être présents non seulement dans les nouveaux territoires que le net a ouvert, mais aussi sur leurs propres terres, aujourd'hui que le net pénètrent l'ensemble de la vie sociale.

Ainsi passe la gloire du monde...

13:15 Publié dans Révolution | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

mardi, 24 janvier 2006

Sur le procès du communisme : mais de quoi fait-on le procès ?

Agoravox nous propose aujourd’hui de discuter du projet de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe de condamner, d’ici mercredi prochain, « les crimes des régimes communistes totalitaires ».L’auteur place ce débat dans la continuité des « polémiques provoquées (entre autres) en 1997 par la publication du «Livre noir du communisme» » et l’assimilation du communisme et du nazisme.

Deux passages de l’article expriment assez bien l’antagonisme des interprétations :

La thèse :

« Les deux idéologies, d’après l’historien Alain Besançon, se donnent comme objectif de parvenir à une société parfaite en arrachant le principe mauvais qui lui fait obstacle. D’un côté, les "races inférieures", de l’autre les "capitalistes" et assimilés. Pour créer l’homme nouveau, les deux régimes n’hésiteront pas à légitimer le meurtre de masse, à déporter les peuple, à affamer des régions entières. »

Et l’antithèse :

« Les deux totalitarismes ne sont pas semblables par leur nature même et leurs motivation. L’hitlérisme est un «idéal» qui s’est réalisé avant d’être vaincu par les armes (et non par les arguments, comme le souligne justement Pierre LEGENDRE). Le stalinisme est un idéal trahi. »

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Plutôt que de discuter ici de ces interprétations, je préfère prendre du recul sur la façon même dont on construit un tel débat.

Le nazisme est un système politique bien localisé dans l’espace et le temps. Son identification est sans ambiguïté.

Ce qu’on entend par communisme ne l’est pas. Un livre comme « Le siècle des communismes » brosse un tableau de la très grande diversité des luttes et des doctrines qui se sont réclamées du communisme. D’un continent à l’autre, d’un pays à l’autre, d’un mouvement politique à l’autre. D’une époque à l’autre aussi, au XXe siècle, XIXe ou avant, dans les doctrines communistes antérieures à Marx.

En comparant des réalités qui ne sont pas comparables, on construit de toute pièce une identité illusoire et abusive du communisme qui ne nous apprend rien.

Si je devais expliquer un jour à mon fils ce qu’est le communisme, je crois que je lui parlerais d’abord de l’idée du partage. La première pierre. Ensuite seulement je lui parlerais de l’idée de la lutte. Et enfin je lui parlerais du mal.

Avant d’en arriver au mal, je pense que nous aurons déjà beaucoup discuté. Et nous aurons découvert qu’avant d’arriver au mal il y a beaucoup de chemins possibles, et que la plupart n’y conduisent pas.

Il est une façon de réécrire l’histoire, que je conteste dans ce débat trompeur, qui n’a pour effet que de nous interdire des futurs possibles et d’intimer le silence. Car ne nous y trompons pas : rien n’est plus universellement et vigoureusement condamné que le nazisme.

Or en parlant du communisme à mon fils, certes je lui parlerais du mal.

Et rien n'est plus condamnable que le mal.

Mais je n’oublierais pas de lui parler de la lutte.

Et je n’oublierais pas de lui parler du partage.

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De quoi veut-on donc faire le procès quand on prétend le faire du communisme ?

Du mal ?
Des luttes ?
Ou du partage ?

On nous dira qu'on fait le procès du mal. Mais en vérité les tragédies du XXe siècles n'apportèrent que tardivement ces nouveaux arguments.

Historiquement, l'anti-communisme a longtemps été le procès du partage, et le procès des luttes.

Ainsi passe la gloire du monde...

Et cela continue.

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mercredi, 18 janvier 2006

Blogs, institutions et transparence : un proviseur révoqué

Le blog Media&Tech évoque l’histoire récente de ce proviseur révoqué pour un blog sur lequel il parlait à la fois de sa vie professionnelle et privée. L’auteur conclut ainsi:

« toutes les règles du jeu de la blogosphère ne sont pas encore claires et nous (institutions + individus) devons apprendre à vivre avec ces nouveaux outils:
• Les institutions devront accepter plus de transparence sur la vie des individus qui les composent
• les individus ne doivent pas aller trop loin dans le mélange des genres ni se sentir intouchables par le sentiment d'anonymat que l'Internet peut parfois donner »

Fait divers regrettable mais significatif pour un domaine encore à défricher, où les pratiques sont récentes, où l’on mesure encore mal le niveau d’acceptation sociale de ces pratiques, et où il faudra sans doute quelque temps encore et malheureusement aussi quelques affaires du même genre avant que la frontière ne se précise entre les obligations des individus à certains devoirs de réserve et la nécessité pour les institutions d’accepter plus de transparence.

Un autre article évoquant l’affaire fait part de son étonnement sur le fait « que le ministère ait choisi de «communiquer 6 jours après la décision de révocation» en précisant l'identité du proviseur, alors même qu'il a la possibilité d'intenter un recours gracieux puis contentieux contre cette décision. »

Ce qui, manifestement, serait aussi un manquement, mais cette fois de l’institution, à son propre devoir de réserve !!

Ce même article précise également que les charges pour lesquelles on a sanctionné ce proviseur auraient été largement amplifiées et se révèleraient fragiles.

Si cela se confirme, et que la décision de l’institution se révèle finalement abusive, la partie la plus intéressant de l’affaire est sans doute à venir, puisqu’elle permettra de poser ce débat sur la part de transparence que les institutions ne sauraient légitimement refuser dans nos sociétés démocratiques.

Evidemment si c’est le blogueur qui avait tort, cela fera aussi un sujet à méditer pour tous ceux qui pratiquent les blogs !

Ainsi passe la gloire du monde...

Edit: il est possible d'en juger par soi-même sur Web Archive qui a gardé une copie du blog incriminé... Il semblerait que les faits reprochés sont purement et simplement faux. Par ailleurs une lettre ouverte au ministre de l'éducation nationale, dans laquelle maître Eolas dénonce l'affaire et met en garde le ministre (rien que çà !) fait en ce moment même le tour des blogs à une vitesse rapide.

15:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

mardi, 17 janvier 2006

Droits d'auteurs ou monopoles ?

Aurel's Blog propose une rubrique fournie et documentée sur la loi DADVSI. Rubrique d'autant plus intéressante que l'auteur n'hésite pas à s'attaquer à la lecture des textes de l'OMPI et de l'EUCD d'où la loi DADVSI est issue.

Il considère dans un article récent, comme j'ai essayé également de le montrer en détail dans cette note et d'en convaincre Jules ici, que

"Contrairement à ce qui est écrit dans ces textes de loi, le véritable but d'une MTP (ou DRM) n'est pas de protéger l'oeuvre mais de créer de nouveaux monopoles."

Sachant que 75% des artistes-interprètes soutiennent le principe de la licence globale , en opposition aux dispositions de la loi DADVSI, qui croit-on convaincre en affirmant qu'en défendant cette loi on défendrait le droit d'auteur ?

Edit 18/01: un Plaidoyer pour la copie privée sur Internet sur le site du Figaro :
"L'invention de l'imprimerie a enlevé aux monastères le monopole du savoir. Sans doute, la révolution numérique atteint d'autres monopoles. Est-ce une raison pour ne pas avancer ?"

Ainsi passe la gloire du monde...

23:15 Publié dans DADVSI | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

lundi, 16 janvier 2006

Le procès de Puteaux : budget promotionnel

L'initiative de monputeaux.com fera à coup sûr des petits dans les autres villes de France. Qu'un citoyen se préoccupe des affaires de sa ville, quoi de plus normal ? Qu'il créé un site d'information et un espace de débat, et c'est tout le monde qui en profite.

Il est dommage, en revanche, que la mairie ne l'ait pas compris ainsi et s'en soit trouvé contrariée.

Pourtant, si elle l'avait compris, elle aurait pu se dispenser elle-même de donner à monputeaux.com peut-être 4 ou 10 fois plus d'audience (peut-être que Christophe pourra nous donner une estimation plus précise ?), et une audience nationale encore :-) Bénéfices collatéraux de l'affaire.

Sur ce point je répondrais que les impôts de la ville, engagés par la mairie pour le procès, n'ont peut-être pas été si mal utilisés que çà finalement. Car cela fait à monputeaux.com un beau bugdet promotionnel ;-)

Et quel budget en effet ! Christophe Grebert, l'auteur du site, indique qu'en 4 ans, il estime à environ 50.000 euros les sommes engagées par la majorité UMP de Puteaux sur le budget de la commune (c'est à dire avec les impôts des Putéoliens) pour le poursuivre.

En fait, Christophe, essuie un peu les plâtres. Mais c'est la marque de tous les précurseurs. Et en vérité, c'est loin d'être une marque infâmante.

A coup sûr la mairie de Puteaux les essuie aussi, et si d'aventure d'autres maires un peu attentifs ont également eu vent de l'affaire, ils en tireront certainement aussi de fructueuses réflexions sur un avenir plus participatif de nos démocraties...

Finalement, Christophe bosse aussi un peu pour tous ceux qui ont, ou envisagent d'avoir, une initiative analogue pour leur ville (et il y a plus de 36000 communes en France !).

Ainsi passe la gloire du monde...

Bonne chance à Christophe pour le 3 février :-) !

07:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Les blogs font-ils l'opinion ?

Yves Duel pose sur son blog la question : Quelques blogueurs font-ils l'opinion ?. Avec les évènements blogosphériques qui agitent la très... narcissique (?) blogosphère en ce moment, c'est là un sujet d'actualité : ptit dej au ministère, voeux à la presse, interview et podcasts à gogo etc.

A première vue, il ne semble pas que les blogueurs fassent l'opinion. Les blogs (en général) semblent avoir incontestablement un effet sur l' "agenda setting" c'est-à-dire sur la sélection des sujets qui seront considérés comme sujets d'actualité. En ce sens ils contribuent à faire l'actualité. Et le fait de pouvoir fixer l'actualité est sans doute un important pouvoir. Terrain sur lesquels les blogs commencent à concurrencer les grands médias.

Mais qu'ils aient aussi une influence sur le jugement (opinion) de ceux qui les lisent, j'y mettrais pas ma main au feu...

On pourrait ajouter aussi cette question connexe, au sein même de la blogosphère : les blogueurs ayant le plus d'audience sont-ils des références ? Nul doute que leurs blogs fonctionnent comme des "hub" où transitent une bonne part des débats et autour desquels s'organisent pas mal de liens. Mais il n'est pas certain non plus que çà en fasse des "autorités" (au sens de quelqu'un au jugement duquel on se remet)... Loïc le Meur, si l'on prend comme exemple "the crème of the crème", me fait plus penser à Claire Chazal ou un autre journaliste qui mousse. Claire Chazal et le JT de TF1 sont aussi des "hub". Mais Claire Chazal n'est pas une autorité au sens de l'autorité que peut avoir un leader politique sur la ligne d'un parti et la discipline des troupes, celle que peut avoir un scientifique réputé sur son sujet d'étude, celle que peut avoir aussi une figure morale comme l'abbé Pierre ou autre :-) Claire Chazal est plutôt un vecteur, ou une "speakerine" pour utiliser un mot d'avant, et comme on sait tout lui est dicté sur son prompteur :-)

Quoiqu'il en soit, il est vrai qu'au moment où çà s'agite et çà gigote beaucoup, on peut se poser la question des impacts de tout çà. Car en fonction de la réponse à cette question se décidera probablement le possible dégonflement de la bulle blogosphérique (bulle 2.0 ?) ou bien au contraire son rebond vers une prospérité plus grande encore. Choses qui n'arriveront pas non plus sans évolutions des outils et des pratiques car les blogs ne sont pas la première forme d'autopublication sur le web, et n'en sont probablement pas la dernière.

Il y a peut-être des études sur la question sur le web ? Je n'en connais aucune encore sur l'impact qualitatif des blogueurs.

Je connais en revanche une étude quantitative des blogs chez l'américain Clay Shirky dont tous les "Ecrits sur l'internet" sont remarquables. Il expose d'abord (en anglais s'il vous plaît :-) ) le constat chiffré selon lequel l'audience des blogs se fait selon une distribution statistique qui a la forme d'une "loi de puissance" : peu de blogs avec beaucoup d'audience et beaucoup avec peu. Il explique ensuite, avec force arguments très convaincants, ce phénomène étonnant. Une lecture très intéressante. C'est d'ailleurs ce texte de Clay Shirky qui a directement influencé Chris Anderson dans l'écriture de "La longue traîne", expression qui a popularisé ce constat de la distribution statistique des blogs selon une loi de puissance et d'autres phénomènes également (voir en français la traduction sur internetactu).

Ainsi passe la gloire du monde...

05:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

dimanche, 15 janvier 2006

Des innovations juridiques de la loi DADVSI

J’ai pu lire, ici et là, diverses remarques sur certaines « innovations » juridiques que semble comporter la loi DADVSI. Un communiqué du site EUCD.info parle par exemple d’ « un nouveau droit dans le Code de la Propriété Intellectuelle : celui d’autoriser ou d’interdire l’accès à une œuvre via la technique ».

Dans un article récent de Maître Eolas sur la loi DADVSI, un commentateur, Gramsci, a posé une question qui me semble être peut-être plus fondamentale encore pour un professionnel du droit dans l’analyse de cette loi :

La question était : "quel est le sens d'accorder une protection juridique spéciale à la mesure technique protégeant une œuvre de l'esprit?"

Et Gramsci ajoute très pertinemment en parlant des Cahiers du Centre de recherches Informatique et droit n°18 qui ont traité la question que cette question a de quoi interpeller les juristes "sur le plan des principes, pas sur la nature procédurière de certains de nos congénères". Dans la discussion de la loi qui nous occupe, ces réflexions juridiques sur les principes est sans nul doute d’une importance bien plus grande que la simple discussion de procédures. Ce pourquoi le débat est aussi politique, et pas seulement juridique.

J’espère ne pas être dans l’erreur dans l’interprétation que je peux en faire, mais ce qui me surprend moi-même, au niveau des principes, c’est le caractère pour ainsi dire « récursif » de la loi, qui ouvre une porte plus que dangereuse sur un renforcement arbitraire et illimité des protections.

« Récursif » car on a pour ainsi dire une protection juridique (la loi DADVSI) d’une protection technique (les DRM ou mesures techniques de protection) d’une protection juridique (le droit d’auteur).

Au moment des débats à l’Assemblée, j’avais lu sur le forum de framasoft une analogie dans le style : « quand tu protèges ton vélo avec un antivol (mesure technique), la loi protège aussi ton antivol… » J’avoue ne pas m’être satisfait de cette analogie, qui en réduisant la logique des DRM à cette comparaison banale, me semble en manquer l’essentiel.

Mais n’ayant trouvé nulle part une réflexion de juriste à cette curiosité « récursive », j’essaye de comprendre et me permet une hypothèse qui, n’étant pas expert en droit, sera plus politique que juridique. Mais il serait intéressant d’avoir l’avis de spécialiste du droit sur cette question.

En effet à la base le droit d’auteur est déjà protégé. La nouveauté d’une loi comme la DADVSI est que son objet est la protection de mesures techniques qui pour les industriels ont pour objectif de protéger (cette fois au sens technique) les lois sur le droit d’auteur.

Or de nombreux informaticiens ont expliqué sur le net que les mesures de protection peuvent être détournées pour laisser présager que cette logique récursive va se poursuivre dans le sens d’une véritable course à l’armement, et d’un durcissement du conflit objectif qui se joue aujourd’hui devant nous entre le développement de formes de liberté nouvelles, et la défense de pouvoirs et de monopoles anciennement établis. Voir par exemple l'article de François Schreuer "Sur l’incompatibilité du libre et du propriétaire" et aussi Les majors s’attaquent à nos droits fondamentaux.

Beaucoup y ont insisté également dans le fil de discussion même de Maître Eolas, comme v_atekor (commentaire 13 et 27), MadCoder (commentaire 17), Aiua (commentaire 43) : la logique de la protection technique implique nécessairement une course en avant vers la protection intégrale. De la protection des contenus on passe à celle des logiciels et de celle des logiciels on passe à celle du matériel lui-même, pour aboutir à une chaîne de contrôle qui, comme dans le fantasme du projet Palladium (lisez çà si vous ne l’avez jamais fait, çà vaut vraiment le coup !) et de l’ « informatique de confiance » par Microsoft et Intel, aboutirait finalement à garantir que plus aucun contournement des protections ne sera possible mais aussi que toute liberté soit définitivement supprimée, car toute la chaîne serait liée, contrôlée par des consortiums industriels, et interdisant toute création logicielle et toute création de contenus libre ou indépendante par la même occasion.

Mais cet avenir, et les industriels le savent, ne sera possible que si les politiques et les lois deviennent leurs complices, et acceptent de leur conférer ce qui s’apparente à un véritable octroi de privilèges, ou un droit au monopole, contre la société toute entière.

Au niveau des principes donc, cette logique poursuit à mon sens un objectif bien plus détestable que le droit d’auteur dont elle se réclame comme un prétexte. A l’heure où l’évolution des techniques permet une démocratisation sans précédent de la production d’information ou de contenus, où cette même production a une influence de plus en plus grande sur l’évolution de nos sociétés, on prétend rétablir par la force une rareté non seulement des contenus mais des moyens de les produire eux-mêmes. Alors que cette évolution donne à la société et aux gens des capacités d’agir, de créer, et de s’organiser sans précédents, et que la panique commence à gagner les anciens détenteurs de monopoles (les médias pour le monopole de l’information, et les industries pour le monopole de la production) parce que ces forces de production sociale entrent en concurrence directe avec elles, on prétend rétablir par l’ARTIFICE du droit cette concentration de la propriété des moyens de production qui, de tous temps, est la clé de la domination sociale d’une minorité dominante sur le plus grand nombre. Plutôt que de changer le droit pour prendre acte de cette évolution et de la liberté qu’elle confère, on l’utilise pour tenter un retour artificiel à un état où cette liberté (liberté dont la base est d’abord technique et matérielle) est absente, et s’assurer par la force que le capitalisme (car c’est bien de capitalisme qu’il s’agit dans les monopoles industriels et médiatiques) gardera le contrôle sur la production sociale.

Le jour, si on laisse faire, où l’on en arrivera aussi à rendre exclusif certains types de matériel dont l’objectif est le contrôle des productions, et à interdire toute alternative, on peut prédire assez facilement que la loi et le capital trouveront la même complicité pour établir de nouveaux interdits et de nouvelles exclusives. Car la société ne se soumettra pas sans agir à ces visées de contrôles et de pouvoir. Et du conflit et des dissidences (déjà réelles) qui en résulteront, on passera à un cycle supérieur dans l’application de cette logique récursive.

Une loi cherchera alors certainement à nous imposer une protection juridique de la protection technique (au niveau matériel) de la protection juridique de la protection technique (au niveau logiciel) de la protection juridique (le droit d’auteur).

Garantissant par exemple que la puce Intel (ou autre consortium), avec sa procédure de certification intégrée au microprocesseur lui-même, et lancée dès que vous appuyez sur le bouton pour démarrer l’ordinateur, soit une obligation légale. Garantissant à Microsoft (ou autre) que tous logiciels ne venant pas de chez eux sera exclus. Garantissant à Universal (ou autre) que tous contenus ne venant pas de chez eux sera exclus de même.

Le jour où l’on arrivera là, à ce niveau de contrôle et de monopole du matériel et de toute la chaîne informatique, il semble que l’appropriation privée de l’Internet (qui aujourd’hui relève du domaine public) ne sera plus qu’une formalité.

Il faudrait être aveugle pour ne pas voir que dans ce procédé récursif, la protection juridique initiale (le droit d'auteur) qui donne sens et prétexte à toutes les autres est vidée de sa substance. Car de la protection du droit d’auteur qui, comme on sait, est dans son principe la protection d’un monopole de l’auteur sur l’œuvre (monopole d’exploitation de l’œuvre), on passe à la protection de monopoles dans la création de logiciel, puis de monopoles dans les dispositifs matériels imposés. L’auteur est bien loin à ce moment, et en vérité il l’est déjà dans la loi DADVSI. Car c’est bien le monopole des intermédiaires qui devient immédiatement l’objectif véritable de la loi. Et avec elle la protection de monopoles qui n’ont plus vraiment à voir avec le droit d’auteur et tout à voir avec des monopoles de type capitalistes.

Il y a donc un vice profond dans la logique et les finalités inavouées mais prévisibles de ce type de loi. Protéger la concentration des moyens de production sociale, exclure et entraver toute concurrence de nouveaux acteurs, me paraît donc bien être le fond de cette application récursive très curieuse de la loi et qui interpelle ainsi au niveau même des principes (et non des procédures) les juristes dont parlait Gramsci.

Ainsi passe la gloire du monde...

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vendredi, 13 janvier 2006

Le procès Puteaux contre Puteaux

Il faut l'avoir vécu soi-même ou avoir discuté avec des gens qui s'y sont frottés pour se rendre compte à quel point certaines municipalités semblent s'autoriser une emprise véritablement féodale sur leurs administrés : police municipale qui ressemble parfois à une milice privée au service du maire, censure, empêchement des élus de l'opposition de participer aux conseils municipaux, dynasties et fiefs politiques au sens propre, contrôles et influences puissantes sur le tissus économiques, pressions et intimidations diverses et variées.

Les enjeux des municipalités étant généralement, et par définition, locaux, il fut longtemps difficile d'espérer la moindre médiatisation de ce fonctionnement délétère. Difficile dès lors de contourner le "baron" local dont l'emprise sur une ville peut être considérable.

Il semble qu'Internet change la donne en ce domaine. Et qu'il est des systèmes qui ne tolèrent pas que l'on fasse sur leurs activités de trop vives lumières...

Le procès en cours entre le site monputeaux.com et la mairie de la ville est un cas d'école. A ma connaissance, l'affaire constitue un précédent méritant qu'on s'y attarde quelque peu.

Au départ, Christophe Grebert, un putéolien qui "a décidé de l'ouvrir" et qui créé un site d'information sur sa ville et rapidement se fait connaître. Au menu, des articles sur la ville et des prises de positions politiques pas toujours dans la ligne.

Par exemple un sondage :
"Les Putéoliens n'ont pas été consultés sur le projet de vidéosurveillance :
- vous ne trouvez pas cela normal ?
- vous trouvez cela normal ?"

On peut partager ou non les idées de Christophe Grebert. On peut avoir, par exemple, l'avis que l'on voudra sur le sondage indiqué. Mais la question posée ici est plutôt celle de la place de la participation citoyenne dans la politique. Car si l'on admet le principe de la participation, il est évident que certaines voix divergeront de la ligne des représentants officiels et des élus. Au niveau national, le principe de débats publics permanents est acquis de longue date, et les opposants disposent généralement dans les médias et certaines institutions de canaux reconnus et bien établis par lesquels ils peuvent exprimer leur avis. Au niveau local aussi, mais c'est moins évident et surtout, cela semble souvent plus fragile.

Il semble pour le moins que cela dérange. Très rapidement se manifeste l'hostilité de la mairie face à cet "incontrôlable" qui créé comme une faille dans le système. A l'arrivée un procès qui ne semble avoir d'autre objectif que de faire fermer le site et faire taire le perturbateur.

Ainsi passe la gloire du monde...

La prochaine séance du procès "mairie de puteaux" contre "monputeaux.com" devrait avoir lieu le 03 février 2006.

Edit: une présentation détaillée de monputeaux.com par Moris Dia est également disponible sur son blog Baiona.

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Séductions politiques

Laurent Gloagen relate sur son site l'invitation faite par Sarkozy à un certain nombre de bloggeurs pour ses voeux à la presse hier. Il reconnaît l'habilité incontestable d'un homme, dont il se sent par ailleurs politiquement très éloigné, "ce qui le rend d’autant plus redoutable" :

"Nicolas Sarkozy", dit-il, "est un homme politique moderne, différent. J’ai le sentiment qu’il dépasse pas mal de clivages anciens, ce qui rend l’analyse si difficile avec des grilles du passé, pourtant si confortables intellectuellement parlant."

A l'heure où ce redoutable politique semble séduire pas mal de blogueurs en initiant avec eux des débuts de relation, et où une blogosphère en mal de reconnaissance auprès de médias, voit comme une aubaine ces nouvelles relations avec les politiques, peut-être faut-il néanmoins raison garder et ne pas laisser l'enthousiasme nuire à notre jugement.

L'habilité d'un homme désigne sa capacité à poursuivre efficacement ses fins. Et rien de plus. L'habilité ne nous dit rien sur la nature de ces fins.

Pour prendre une analogie, l'état-major allemand avait conçu en 1939 une stratégie militaire tout à fait nouvelle : la "guerre éclair", basée sur l'aviation et le char. Stratégie qui allait se révéler d'une efficacité redoutable. L'état-major français se pensait de son côté protégé des allemands derrière la rassurante mais illusoire et naïve sécurité de la ligne Maginot. En vérité, la France avait une guerre de retard. La ligne Maginot fut contournée et la France, écrasée en quelques semaines.

En paraphrasant ce que Laurent Gloagen disait plus haut, l'état major allemand était "moderne, différent". "Il dépassait pas mal de clivages anciens, ce qui rendait l’analyse si difficile avec des grilles du passé, pourtant si confortables intellectuellement parlant." Ce qui lui apporta de rapides et écrasantes victoires sur une bonne moitié de l'Europe.

Mais la pure habilité ne dit rien des fins.

Sarkozy est à la fois assez déterminé et "éveillé" pour se donner tous les moyens que la société actuelle peut permettre à ses ambitions, y compris réformer le régime présidentiel pour concentrer en ses mains plus de pouvoir. Incontestablement il semble avoir saisi l'importance grandissante d'Internet comme vecteur de communication dans la société contemporaine, et semble décidé à s'en servir. Le site internet et la communication numérique de l'UMP ont d'ailleurs été réorganisés en conséquence.

On pourrait se laisser séduire. Mais il ne faut cependant pas s'y tromper.

D'abord les blogueurs pourront rapidement établir d'autres relations avec des hommes politiques de tout bord. Le ministre de la culture n'a pas tardé à suivre l'exemple de Sarkozy en organisant un petit déjeuner avec quelques uns d'entre eux. Loïc le Meur organise à présent des podcasts avec d'autres hommes politiques que Sarkozy, comme par exemple le député socialiste communiste Frederic Dutoit (podcast 156), très remarqué lors des débats de décembre à l'Assemblée concernant la loi DADVSI.

Sarkozy ne conservera donc pas longtemps son avantage, en espérant toutefois que les autres partis politiques mettent également rapidement en oeuvre une politique de communication internet plus efficace, notamment avec des sites et des espaces de débats dignes de ce nom.

C'est sur le fond ensuite qu'il faut juger. Concernant Sarkozy, il y aurait évidemment beaucoup à dire. Mais pour ne prendre qu'un exemple, concernant la loi DADVSI, Sarkozy soutient le ministre de la culture dans sa loi liberticide. Et c'est cela qui compte, et non sa "com" avec quelques blogueurs, aussi flatteuse pour eux et séduisante pour les internautes qu'elle puisse être.

Il y a bien plus intéressant et constructif pour comprendre l'impact politique d'internet aujourd'hui que les petits déjeuners au ministère de la culture.

Qu'on en juge par exemple par ces manifestations d'intelligence collective constatées à l'occasion du referendum sur la constitution européenne ou, plus récémment, lors des débats sur la loi DADVSI à l'Assemblée :

- Pour le referendum, voir l'étude du groupe de recherche Réseaux, territoires & géographie de l'information sur Le web et le débat sur la constitution européenne en France.

- Pour les débats sur la loi DADVSI à l'Assemblée, voir l'excellent article de Piotrr sur BLOGO NUMERICUS : Le jour où les machines sont entrées à l'Assemblée.

Ainsi passe la gloire du monde...

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jeudi, 12 janvier 2006

DADVSI: les pressions de la commission

Etonnante nouvelle où l'on apprend que la commission européenne menace la France de sanction pour accélérer l'adoption de la loi DADVSI, alors que que le débat à l'Assemblée - et en France - est en cours !!

Difficile, dans ce contexte qui ne justifiait pas l'intervention, de ne pas y voir une manoeuvre probable pour venir au secours d'un ministre mis en difficulté et prendre parti dans le débat. Lequel ministre avait déjà prétendu faire passer en urgence le vote de cette loi au motif des délais imposés pour la transposition de la directive eucd en France.

A croire que pour Bruxelles tout autant que pour le ministre de la culture, le parlement devrait bel et bien se réduire à une chambre d'enregistrement.

Les réactions toutefois ne se sont pas fait attendre comme le montre cette Lettre d'un citoyen européen au responsable de la direction marché intérieur afin de faire "cesser toute pression pour laisser au parlement français la possibilité de jouer son rôle démocratique en poursuivant le débat jusqu'à ce qu'une loi équilbrée soit votée" (via eucd.info qui dénonce également ces menaces de la commission européenne).

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dimanche, 08 janvier 2006

Test

Ceci est un test.

22:40 Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Le blog est vieux

Glorieux de son succès massif, bardé d'un arsenal de technos web 2.0 (rétroliens, flux RSS etc.), le web-log, ou journal web, n'est pas tout à fait une nouveauté.

Des pionniers étaient déjà là en 96, à l'époque du web statique et des bidouilles pour monter son propre serveur. Un nom m'est resté de cette époque, celui de Guillermito et de sa Guillermito Zone, un gars qu'habitait l'éthique du hacker et qui, malgré le procès du big business, poursuit et tient. La classe Guillermito. Tiens bon !!

Il y en a d'autres. Peut-être aussi Grosse Fatigue et d'autres dont je me souviendrais sûrement du nom si je me replongeai un peu dans l'archéo-webologie, d'autres qui n'ont pas fini de s'épuiser et de nous accompagner. Là je suis moins sûr de la datation mais Grosse Fatigue a incontestablement aussi une bonne dose de carbone 14.

Vint ensuite, dans mon souvenir, le temps d'Uzine et de ses acteurs. Des acteurs de la vague précédente, qui s'étaient regroupés en collectif. A l'époque où l'on passait du web statique au web dynamique et à ses nouveaux outils. Aujourd'hui l'uzine semble avoir fermé. Mais n'est pas devenue un musée. C'est qu'ils ont assuré les gars de l'équipe d'uzine. Ils ont créé SPIP, le CMS, ils ont essaimé.

Ils ont aussi créé un esprit, et placé sous la bannière glorieuse du web indépendant, la conscience de soi qu'ils avaient de leur activité d'autopublication d'alors. Le web indépendant c'est le web qui n'est ni institutionnel, ni commercial. Le web nouveau, le vrai, qui ne fait pas que reproduire les autorités existantes, mais en créé d'autres, pour irriguer de la société de nouvelles influences. Une "élite" de gars au fait de la techno, plutôt hackers sur les bords, et qui militaient pour cette forme là de l'éthique du hacker: donner à tous les moyens de la publication.

Et puis il y a eu la bulle 1.0, l'offensive ratée du web commercial. Une époque s'est finie. Alors seulement vint le blog et l'industrie de masse de l'autopublication.

Quid de ses outils : rétroliens, RSS, podcast et videocast ?

Quid de son "esprit" ? Celui de chacun, et donc d'aucun ? De tous et donc de personne ?

Quid aussi de la prochaine bulle 2.0 ? La bulle des utilisateurs et du web 2.0 ?

Quid alors de la prochaine vague ? Où sont les pionniers qui probablement déjà émergent, quels sont leurs outils, leurs idées ?

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16:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Keep the faith

Pour faire suite à ma note précédente et à mon commentaire sur la deuxième partie du bilan de Laurent Javault sur les blogs, je répond en commentaire sur son site que c'est un beau bilan qu'il a fait, dans lequel le modeste bloggeur débutant que je suis trouve une grande aide.

"Arnaque à la démocratie", "superficialité", "stade primitif du citoyen electronique", il montre bien les limites de l'exercice du blogging, et l'illusion qui menace le bloggeur trop naïf. Le blog est faible.

Et déjà il identifie des dérives, la recherche de "territoire", le comportement "courtisan", et une aliénation qui pointe avec la "course à l'audience". Le blog est aliénant.

On pourrait en être déçu, ou trouver là matière à mépriser le phénomène. Mais celui qui jugerait ainsi me semblerait aussi superficiel que ce qu'il critique, et peut-être motivé aussi, dans sa critique même, par la défense d'un territoire (par exemple la presse comme noblesse face à la vile populace du blogging).

Là où le billet de Laurent ne tombe pas lui-même dans cette superficialité c'est qu'il cherche plus loin les raisons de ces faiblesses. La métaphore de la "bouteille à la mer" en est belle illustration des errances et déceptions qui attendent le bloggeur qui se lance. Il lui sera facile de se perdre dans cet océan. Mais la jeunesse du phénomène explique en partie cela. Le blog est une nouvelle vague de l'autopublication, stabilisée en une forme et une technologie particulière. Une nouvelle vague, elle-même mouvante, en quoi l'errance du bloggeur est aussi la recherche de formes plus élaborées, moins primitives, d'expression. Laurent ne manque pas de signaler aussi cette errance et cette recherche là.

Et alors l'optimisme revient dans son discours avec l'indication d'un horizon qui enfin puisse nous sortir de l'errance : atteindre l'autre rive. Quelle est cette autre rive. Est-ce la recherche de son identité ? Laurent en parle et çà l'est sûrement aussi. Mais c'est une affaire personnelle, même si c'est celle de chacun. C'est une affaire collective en revanche de vouloir toucher le monde, faire que la blogosphère ne tourne pas en rond. Là se trouve un rivage commun vers lequel les individualités cette fois converge. Ce pourquoi il leur est possible de s'organiser et de sortir du simple quant-à-soi. Il donne la clé de cette traversée de l'océan: "l’EMBOITEMENT de (des?) blogosphère(s) avec le monde concret".

Voilà un but et un espoir. Voilà aussi un principe, le réel, qui nous pousse et nous contraint à nous organiser. L'espoir pour les petites bouteilles perdues dans l'océan de converger dans un même flot, à la recherche de ces beaux rivages, promesses des récompenses de nos efforts.

Ainsi passe la gloire du monde...

15:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Ne pas se faire d'illusion

Il m'a fallut du temps à me décider. Même s'il est facile de créer un blog, en faire quelque chose de valable, de durable, ne l'est sûrement pas.

Laurent Javault publie sur son blog Faim d'un monde un premier bilan très lucide sur les limites et les effets de l'exercice du blogging.

Une lecture hautement recommandée pour réfléchir sur cette pratique, et, tout en en reconnaissant la valeur, préciser ses objectifs et ne pas se faire d'illusion.

Ainsi passe la gloire du monde...

14:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

samedi, 07 janvier 2006

Mon blog... Enfin !!

Mon blog... Enfin !!

1996-2006.

10 ans de découverte du web. Ca se fête ! Les listes de discussions, puis les forums. Participer, se passionner. A côté de çà, surfer, à la recherche des curiosités, et il y en a. S'informer aussi. Se former. Apprendre.

Et tout d'un coup les blogs. Des blogs partout, à foison. Des gens que l'on ne voyaient pas, que l'on entendait pas. Mais qui désormais apparaissent. Se manifestent et s'expriment. C'est magnifique car, entre nous, entre la pensée unique et le JT de TF1, je commençais à manquer d'air. Alors jettons nous.

Ainsi passe la gloire du monde... Regardons là et parlons en, car le spectacle en vaut la peine.

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